Les Fées de Litha
Une biche parlait aux abeilles ensorcelées par le matin enchanté. Les trois fées avançaient toujours sur le chemin d’ambre et d’émeraude, fièrement et sautillantes.
Nous avions parcouru tant de route, mais nos pieds semblaient toujours voler au dessus des rocailles. Le soleil nous arrosait de tous ses rayons de Litha.
Exister devenait notre ambition suprême. Notre âme-fougère retrouvée !
Il n’y avait plus que les pierres bleues, ramassées au bord du chemin, il n’y avait plus de larmes, asséchées par Lug le solaire.
La transformation accomplie, nous nous arrêtames devant l’Arbre. Celui qui enseigne majestueusement les gouttes d’or de la vie. Des hécatombes d’hiver aux nobles houx, des râles du cerf à Beltane, aux souvenirs envolés de Samhain.
Le chemin continuait derrière le chêne, et des collines s’avançaient au loin. Rien n’était jamais terminé…
Horloge
Tiquez la bouche ouverte
Tant que les hannetons s’envolent
Critiquez la grenouille verte
Et les criquets caracolent
Au taquet les amères cigales
Près de ma coccinelle
Fiesta de fourmi avale
Il partit à tire d’aile
Soir
Chaque jour m’apportait grâce
Aux yeux de l’aube tu me montrais
Le chemin des empreintes d’amour
Chaque jour tu me transporaris
Aux joies de la liberté
Le chemin de nos danses
Chaque nuit ne marrêtais
Qu’aux portes de ton âme
Que déjà j’adorais
Chaque nuit j’entrouvais
Aux tristes soirs seule
Où déjà du me manquais
Fée des eaux
Les runes s’en allaient doucement
Le gré du vent berçait nos douces espérances
Lorsque les louves assoiffées abreuvaient mon sein délétère
J’imaginais une autre feinte à tes canines endiablées
Grâce aux armées inassouvies
Tu as transmuté mon sang, inventé une nouvelle mathématique du cœur,
Parlons du cœur
Qui n’a pas rêvé cet embrasement de vie, dans ses torpitudes nocturnes ?
J’avais faim
J’avais soif
Tu as soufflé le pain et versé l’eau bleue dans ma gorge asséchée
Glace lunaire
Sélune marchait maintenant, fière
Dédales incertains et éphémères
Cacophonies bergères au lever du jour
Craquements et crépitements aux beaux atours
“Nous étions trois, je suis Une
J’avais ici froid, seule dans la Lune”
φοῖνιξ
« Le celeste Phœnix commença son ouvrage
Par le Phœnix terrestre, ornant d’un tel plumage
Ses membres revivans que l’annuel flambeau
De Cairan jusqu’en Fez ne void rien de plus beau. »
(Guillaume du Bartas)
Venteuse nuit
La bourrasque venteuse et terrible
Les gouttes salées précipitant le ciel
Les mâts engouffrés dans la noirceur
La nuit angoissante nous emmène endéans
Quelques lumières au loin, espoir
Nous étions là nous étions frémissantes
Les grandeurs éternelles ne s’arrêteront pas
Le navire était échoué en bord de falaise
Un vent humide enveloppait nos brunes brumes
Et les sirènes criaient avec le vent nocturne
Départ envolé
Selune se tenait droite face à son destin
Les odeurs estivales montaient jusqu’au matin
Plus d’espoir, plus que le noir en son cœur de satin
Il n’y avait plus que le soir, les mémoires de son passé
Elle avançait résolument, en son drap ajancé
Vers le vide absolu, celui dont jamais on ne renait
Souvenirs aux longs cours, blanches colombes d’amour
Tu m’as oubliée ô diptyque fracture
Tu m’as emportée ô vide toujours
Elle ne sautais plus, elle volait
Parmi les nuages de son temps
Parmi les dernières volutes de fumée




